Comprendre les progressions d'accords

Comprendre les progressions d'accords
Une progression d'accords est la suite d'accords qui accompagne une mélodie. Elles semblent innombrables, mais la plupart des chansons utilisent les mêmes quelques accords, choisis dans une tonalité. Comprendre cette logique permet de deviner les accords d'une chanson, de transposer facilement et d'écrire ses propres morceaux.

Les sept accords d'une tonalité

Une tonalité majeure, par exemple Do majeur, part de la gamme de Do majeur : Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si. En construisant un accord sur chacune de ces notes, avec uniquement les notes de la gamme, on obtient sept accords : Do, Ré mineur, Mi mineur, Fa, Sol, La mineur et Si diminué (C, Dm, Em, F, G, Am, Bdim).
Ce schéma est le même dans toutes les tonalités majeures : majeur, mineur, mineur, majeur, majeur, mineur, diminué. En Sol majeur, cela donne G, Am, Bm, C, D, Em, F#dim.
Do×321Rém××231Mim12Fa134211Sol213Lam×231

Les degrés en chiffres romains

Pour parler d'une progression sans dépendre de la tonalité, les musiciens numérotent les accords avec des chiffres romains : I pour le premier, V pour le cinquième, etc. Une majuscule signale un accord majeur (I, IV, V), une minuscule un accord mineur (ii, iii, vi), et le petit rond un accord diminué (vii°).
Ainsi « I – V – vi – IV » veut dire : le premier accord, le cinquième, le sixième (mineur) puis le quatrième. En Do, c'est C – G – Am – F ; en Sol, G – D – Em – C ; en Ré, D – A – Bm – G ; en La, A – E – F#m – D. La même progression, quatre tonalités.

Tension et résolution

Le I est la « maison » : la progression s'y repose. Le V crée une attente qui appelle le retour au I ; c'est encore plus fort quand on lui ajoute une septième (G7 en Do). Le IV s'éloigne de la maison sans créer autant de tension. Le vi, accord mineur relatif, apporte une couleur plus mélancolique tout en partageant deux notes avec le I.
Ce jeu d'éloignement et de retour explique pourquoi certaines progressions semblent « naturelles » : l'oreille attend la résolution, et la musique la lui donne, ou la retarde pour surprendre.
Sol7321Do×321

Les progressions que l'on entend partout

I – V – vi – IV : la progression pop par excellence, utilisée dans un nombre immense de chansons depuis les années 2000.
I – vi – IV – V : la progression « années 50 », celle des slows et du doo-wop.
vi – IV – I – V : la même famille d'accords que la pop, mais en commençant par le mineur, pour un ton plus triste.
I – IV – V : trois accords, la base du rock'n'roll, du folk et du blues. Le blues de 12 mesures l'étire sur douze mesures, souvent avec des accords de septième : I7 – I7 – I7 – I7 – IV7 – IV7 – I7 – I7 – V7 – IV7 – I7 – V7.
ii – V – I : l'enchaînement fondamental du jazz, généralement en accords de septième (Dm7 – G7 – Cmaj7 en Do).

Trouver la tonalité d'une chanson

Regarde les accords de la chanson et cherche la tonalité qui les contient tous. Le premier et le dernier accord sont souvent le I. Une chanson en G, D, Em et C est presque sûrement en Sol majeur (ou en Mi mineur, sa relative, si elle commence et finit sur Em).
L'onglet Chanson de l'app fait ce travail : colle la grille d'accords, il trouve la tonalité, écrit les degrés sous chaque accord et propose une position de capo.

Et en tonalité mineure ?

En La mineur, les sept accords sont Am, Bdim, C, Dm, Em, F et G : les mêmes que Do majeur, dans un autre ordre, car La mineur est la relative de Do majeur. On écrit souvent i – iv – v ou, avec un V majeur emprunté à la gamme mineure harmonique (E ou E7 en La mineur), i – iv – V, qui ramène plus fortement vers la tonique.

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Mis à jour le 2026-10-22